“Les communes doivent créer de la croissance et des emplois ”

Marie Madeleine Nga, Coordonnateur National du Pndp

Par Kamdem Souop

Pourquoi organiser un séminaire régional sur la question du développement économique local ?

En Afrique, ces dernières décennies ont été marquées par une volonté affichée et partagée par plusieurs institutions tant nationales, continentales qu’internationales, visant à identifier et adopter un modèle de développement qui puisse permettre à ce continent à la fois riche en ressources naturelles et pauvre en ressources financières de se frayer un chemin dans le vaste contexte de la mondialisation.

Les approches prises par les pays africains en s’inspirant des modèles de développement qu’on pourrait considérer comme des succès, présentent la décentralisation comme un moyen efficace pour parvenir à construire et développer l’Afrique. Cependant, à l’expérience il apparait difficile de traduire le cadre légal et réglementaire mis en place au bénéfice de la décentralisation en réalité concrète sur le terrain. La clarification du rôle des intervenants à tous les niveaux et la question du renforcement des capacités des élus restent d’actualité.

Au-delà de tous ces questionnements, de nombreuses expériences heureuses observées çà et là en Afrique peuvent permettre d’enrichir les unes et les autres dans leurs démarches et mettre en évidence de bonnes pratiques à capitaliser.

Il nous a semblé dans un tel contexte, qu’un espace d’échange d’expériences sur le développement économique des territoires ruraux en Afrique subsaharienne serait le bienvenu.

Comment comprendre cet intérêt du Pndp pour le développement économique local ? Est-ce un changement de cap?

En réalisant des infrastructures sociocommunautaires et socio-marchandes à partir de la planification locale, le Programme national de développement participatif a substantiellement amélioré les conditions d’accès des populations aux services sociaux de base. Ceci étant, il reste que ces populations ont besoin de disposer de ressources financières leur permettant de jouir effectivement de ces services. C’est pourquoi il faut pouvoir donner aux communes les moyens de créer de la croissance et des emplois. De plus, l’arrimage de l’approche Pndp au Document de stratégie pour la croissance et l’emploi [Dsce, ndlr] établit la nécessité pour le Programme d’accompagner les communes à devenir des espaces de développement économique.

Quels sont les secteurs visés par cette nouvelle approche et sur quels leviers le Programme s’appuie-t-il pour atteindre ses objectifs ?

Il s’agira de mettre un accent sur la valorisation des ressources naturelles, afin de faire bénéficier aux collectivités locales les avantages comparatifs liés auxdites ressources. C’est à ce titre que la dotation du deuxième C2d au Pndp a réservé une proportion au développement agricole. Ceci s’appuie d’ailleurs sur l’expérience enrichissante que le Programme a menée avec le Projet de Gestion Durable des Terres. Il nous avait donné l’occasion d’expérimenter la production des plantes fourragères dans les régions du Nord et de l’Adamaoua. Les personnes engagées dans ce projet nourrissent leurs bêtes sur place et non plus en nomades. Ce qui a permis de réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Par ailleurs, ils étendent cette expérience à d’autres éleveurs à qui ils revendent les semences issues des champs fourragers. Je tiens à souligner que le point d’ancrage du Pndp reste la commune et notre levier, la structuration. Il s’agit d’aider la commune à structurer son environnement en vue de l’éclosion d’une économie locale.

Pour prendre un exemple, le Programme ne finance pas directement les agriculteurs. Mais par exemple, si une commune est décidée à aménager un bas-fond pour faciliter l’installation de producteurs de tomates, le Pndp l’appuiera. Il en est de même du désenclavement des bassins de production. Je citerai aussi la pêche, l’artisanat, bref les activités menées en zone rurale et relevant davantage du secteur primaire que secondaire.

Que faudrait-il aux communes accompagnées par le Pndp pour qu’elles soient des pôles de compétitivité qui créent de la richesse et des emplois ?

Les communes devraient identifier premièrement leurs atouts. C’est leur rôle et non celui du Pndp qui, lui, a vocation à les accompagner dans cette mission et renforcer leurs capacités afin qu’elles assument pleinement la maîtrise d’ouvrage.

De ce point de vue, je rappellerai que le Programme a aidé les communes à se doter d’un important outil de pilotage qu’est le Plan communal de développement. Ce document met en évidence le potentiel de la commune dans les 28 secteurs déclinés du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi. Il est de la responsabilité des collectivités locales de s’appuyer sur ce plan pour négocier des partenariats avec le secteur privé ou l’Etat. Dans les tout prochains jours les Contrats-Plans Etat-communes sont appelés à être signés avec les communes qui en feront la demande, autour du Pcd. Aussi les collectivités ont-elles la responsabilité de créer en leur sein un environnement favorable et propice au développement économique.

Qu’est ce qui va changer dans l’appui que le Programme apporte aux communes en zone rurale en rapport avec les fonctions de production, stockage, conservation, commercialisation et transformation ?

Rien ne va changer. Le mode opératoire du Programme sera le même, c’est-à-dire s’appuyer sur les communes pour impulser le développement économique local. D’autres programmes et projets du gouvernement accompagnent les acteurs locaux dans les différentes fonctions économiques que vous avez citées. Le Pndp a davantage vocation à travailler à la structuration, afin de rendre le territoire communal attractif pour les opérateurs économiques.

Quel est l’avenir institutionnel du Pndp ?

La deuxième phase du Pndp sur crédit Ida s’achève en novembre 2013. Quant à la troisième phase, elle est en cours de préparation. Pour le reste, le moment venu, le Gouvernement définira le mode de capitalisation des acquis du Pndp.

 


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