Insalubrité : L’exposition “Sois Clean” dans sa phase II

L’artiste pluridisciplinaire Joël Essindi Koungou annonce le lancement de la phase II du projet de sensibilisation des populations des villes camerounaises par l’image dès le mois de mai 2015.

EXPOSITION  SOIS CLEAN

Il a choisi de choquer par l’image. Ceci à cause de l’état d’esprit qui caractérise la grande frange des habitants des villes camerounaises. A l’occasion de la phase II de son exposition intitulée « Sois Clean », Joël Essindi Koungou sera accompagné par certaines figures de la musique camerounaise, des danseurs professionnels, des hommes de théâtre, du cinéma et de la danse traditionnelle. Les prises de vue ont déjà été réalisées et n’attendent que d’être montrées au public dès le mois de mai 2015. Le promoteur entend débuter par Yaoundé une caravane de sensibilisation sur l’adoption des comportements civiques sur les artères et espaces publics des villes de Yaoundé, Douala et d’autres chefs lieu de région du pays.

Une fresque représentant les clichés en temps réel des citoyens en matière d’insalubrité publique sera réalisée sur l’un des versants d’un mur à Mvog-Ada, l’un des quartiers les plus populeux du Cameroun situé non loin du centre administratif de la capitale politique. « Mon option est de présenter des actes pollueurs à partir du miroir que je promène au quotidien pour choquer et amener les gens à changer de comportement », explique l’artiste le lundi 23 février 2015, de retour d’un concert de musique à Mbalmayo, la « ville cruelle » située à une trentaine de minutes de Yaoundé.

« Il faut sortir de la société de poubelle qu’on observe dans nos villes » s’indigne Joël Essindi Koungou, le doigt pointé sur une image prise à des encablures du marché de Mokolo, où les revendeurs de vêtements, notamment des chemises, amidonnent et sèchent leurs marchandises sur des cordes placées au-dessus d’énormes tas d’ordures. Pour réveiller les consciences, l’artiste a ratissé large. En prenant tous les domaines : la pollution par le tuyau d’échappement des voitures, le fait de jeter les déchets à n’importe quel endroit où l’on se trouve dans les villes de son pays, l’absence et le manque d’entretien des toilettes publiques…

Croisade pour la salubritéEXPOSITION  SOIS CLEAN

C’est d’ailleurs ces toilettes publiques qui ont été le déclencheur de ce projet en 2014. Rendu à l’Institut Français du Cameroun (Ifc), l’artiste a été surpris de la salubrité qui règne dans ce lieu de promotion de la culture française et africaine à Yaoundé. Tout est propre. La propreté de ce lieu fortement fréquenté au quotidien est l’œuvre d’un Camerounais, Joël Mvondo. Il assure cette mission avec dévouement, explique l’artiste. Sorti de ce cadre, la réalité est toute autre dans la plupart des administrations, des hôpitaux, des écoles, des marchés et autres espaces publics. C’est pourquoi, M. Essindi Koungou a décidé de promener son appareil photo, sans discrétion dans les quartiers de Yaoundé et des villes environnantes. Au final, une exposition avec son homonyme, technicien de surface à l’Ifc de Yaoundé. Grâce au soutien financier et technique de cette institution, la première phase du projet « Sois Clean » a été présentée au public en mars 2014 à la médiathèque de l’Ifc de Yaoundé. A côté des clichés, d’autres artistes ont participé à leur manière à la sensibilisation sur l’adoption des comportements sains dans les villes camerounaises. Eric Akam, Moustik le Charismatik, Fire Kayone, Le Guerrilla ont encouragé, le « M. Propre » de l’Ifc et l’artiste qu’il a inspiré.

EXPOSITION  SOIS CLEAN

L’impression des images et la salle d’exposition ont été gracieusement offertes par l’Ifc de Yaoundé. A ce jour le projet reste une autoproduction. Une difficulté pour l’artiste qui appelle à une mutualisation des énergies dans le comportement des habitants dans les villes camerounaises. « On apprécie certaines villes européennes, moi je sensibilise à l’adoption des comportements salubres dans les villes africaines en général », renchérit l’artiste qui a aussi une expérience poussée dans le cinéma. Il a participé à la bande originale du film à succès « Le Blanc d’Eyenga » de Thierry Ntamack. Il a aussi prêté sa voix aussi à plusieurs productions, notamment des court-métrages «Mémoire de sang» de Narcisse Wandji et «Le cauchemar» de Prudence Théophile Ngwé II, tout comme le long métrage «Aimer à tout prix» d’Atangana. Il pense que les clichés qu’il présente sur les villes de son pays doivent inspirer le monde de la recherche pour l’amélioration des conditions de vie des populations urbaines ou rurales de l’ensemble des villes camerounaises. L’adhésion des leaders et de certaines grandes figures de la musique et du cinéma montre que l’action de Hysacam, la société en charge du ramassage des ordures dans les principales villes du pays ne suffit plus, explique le photographe, le regard sur le cliché d’un monument de la musique camerounaise engagé dans la campagne qui s’ouvre au mois de mai prochain. Le rendez-vous est donné, mais l’œil reste rivé sur l’objectif de son appareil photo … pour un autre cliché pollueur dans le coin d’une rue camerounaise.

Alima Ndouklé

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