Africités 2012

« On veut du business !»

president-maire Le président-maire de Cotonou, Nicéphore Soglo, a enthousiasmé la foule pendant son allocution lors de la cérémonie d’ouverture le 04 décembre 2012.

L’ancien président du Bénin et maire de Cotonou, Nicéphore Soglo, a plaidé pour une véritable autonomie financière des villes africaines. ''Il faut que nous ayons une autonomie financière. Il faut s’attaquer à ce problème. Il faut donner une vraie autonomie financière [aux villes]. C’est possible’’, a-t-il notamment dit. Il a par ailleurs exhorté le président sénégalais à sensibiliser ses homologues à ''un grand soutien aux collectivités locales''. Rappelant l’exemple de la réussite du Canada dont les collectivités locales ont pris 25 ans pour être autonome financièrement, Soglo a ‘’estimé que les ressources financières sont nécessaires, parce que sans elles il n’est pas possible de construire quoi que soit‘’.

‘’Le développement de l’Afrique ne se résume pas uniquement aux questions climatiques. Par une politique sectorielle axée sur l’éducation, la santé (...), l’institution a développé des politiques qui ont laissé en rade les collectivités locales, même si grâce à l’intervention de personnalités comme Jacques Chirac, il commence à y avoir des changements ‘’, a relevé, le maire de Cotonou.

Selon lui ‘’d'ici à 2050, la population africaine va passer d’un milliard à deux milliards d’habitants‘’. Une population qui sera selon lui ‘’essentiellement urbaine et qu’il faut pré- parer à accueillir dans les meilleures conditions, en trouvant des solutions aux problèmes actuels des villes africaines ‘’.

‘’Les pauvres quand ils migrent dans les zones urbaines tendent à s’installer dans les zones non aedificandi d’où la place centrale que les questions liées à l’assainissement doivent occuper dans les partenariats noués avec la banque mondiale‘’, a-t-il ajouté.

L’ancien président béninois a d’ailleurs invité la Banque mondiale à discuter avec les villes africaines. ‘’La banque mondiale oublie de prêter aux collectivités locales, les Etats doivent l’inviter à discuter avec les collectivités locales et en présence de celles-ci », a soutenu M. Soglo.

Il a prôné, pour que la voix des collectivités locales africaines porte à la banque mondiale, la mise en place de lobbys qui peuvent leur permettre d’être mieux tenues en compte par l’institution.

Des lobbys et de l’argent

L’ancien président du Bénin a d’ailleurs présidé le 05 décembre une rencontre sur les mécanismes de financement des collectivités locales. Plusieurs experts ainsi que des ministres africains en charge des Collectivités locales, dans leurs pays respectifs, ont pris part aux débats.

A cette occasion, il a martelé sa position sur la considération que les partenaires au développement devraient avoir des collectivités locales. M. Soglo a en outre appelé à ''une synergie des actions des partenaires techniques et financiers'' qui, selon lui, rendrait plus service aux villes, aux Etats Africains et la fédération du continent. '’Si nous avons l’Agence française de développement (AFD), la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale, nous pouvons trouver la meilleure personne, en sachant d’abord qui fait quoi. Je crois que si nous avons cette approche pragmatique, nous aurons rendu service à nos villes, à nos Etats et même à nos fédérations’’, a-t-il indiqué.

‘’C’est comme une maison à étages. Il faut d’abord que la fondation soit solide, qu’on travaille ensemble et que l’Etat également et chacun dans son domaine fassent son travail’’, a indiqué l’ancien administrateur de la Banque mondiale.

''Ce qui est important, il faut que d'abord, chacun, que ce soit l'Etat, ou les grandes organisations (Banque mondiale, le Fonds monétaire international) sache qu'il doit avoir comme partenaires les villes'', a-t-il dit, soulignant que peu importe qu’il s’agisse de la Banque africaine de développement (Bad), la Banque islamique de développement (Bid), l'Usaid, la Giz ou la Banque mondiale (Bm), ‘'l'essentiel, c'est qu'on travaille la main dans la main''.

Mais ce qui est sûr, c’est que «Le temps de l’aide est terminé. Ce que nous voulons, c’est du business!» a dit le septuagénaire.

La place des traditions

Le président-maire a fait part de son optimisme pour une harmonisation des législations et traditions africaines, estimant que dans ce domaine, ''des progrès sont enregistrés''. ‘’Au niveau de l’Afrique, nous avons plusieurs types de législations, de traditions, il faut les mettre ensemble, voir ce qui marche. Je suis vraiment optimiste, parce que je crois que chaque fois, il y a un progrès qui est fait’’ a-t-il notamment soutenu.

 


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