Transport urbain : une desserte difficile

Depuis la mort de la Sotuc (Société des transports urbains du Cameroun), les expériences de transports urbains par bus peinent à être des success-stories, alors que la demande ne cesse de croître, rendant indispensables les apports des «cargo», «opep» et «benskin». Notre rédaction revient sur les causes du problème et explore quelques pistes de solution.

Bus en panne

Par Kamdem Souop

Le rêve de la ville, lieu des espoirs de survie, d’emploi, de sécurité et de biens matériels, sait si bien virer au cauchemar à l’heure d’aller au travail le matin ou de rentrer à la maison le soir. La faute à des problèmes qui n’ont pas été suffisamment appréhendés quand on en avait l’occasion et qui compliquent la tâche des décideurs aujourd’hui. La pression urbaine avait été insuffisamment mesurée et les quartiers réputés bien tracés et desservis comme Biyem-Assi et Mendong sont de véritables goulots d’étranglement que tentent avec beaucoup de peine d’endiguer de téméraires agents de la circulation aux heures de pointe.

«Il y a plus d’automobiles que de route», lance un taxi excédé. «Non, lui rétorque un piéton qui va plus vite que les véhicules. C’est la fin du mois et tous les propriétaires de voitures ont sorti leur guimbardes de la poussière des garages. Dans deux semaines, ils n’auront plus d’argent et tout rentrera dans l’ordre».

Pas tout à fait. Les embouteillages ne se sont jamais autant bien portés. Même après 21 heures. Les files indiennes sont patientes, que l’on soit sur l’axe Shell Nsimeyong carrefour Vogt celui du Lycée de Biyem-Assi Acacia, Biyem-Assi lac Acacia ou encore Carrefour Biyem-Assi Acacia, l’on effectue allègrement 100 mètres en une demi heure, voire le double. L’axe Etoa-Meki Shell Elig-Edjoa est légèrement mieux que celui qui va de cette station service à Manguiers. Mais que dire de Chapelle Kondengui  Marché Ekounou? Et l’axe qui va du 1er au 2e carrefour Emombo est un doux supplice à côté de Nkomkana  Carrière, Nkomkana  Cité verte, Mobil Emana Tongolo ou encore Mess des Officiers  Carrefour 3 statues. Le trafic urbain est un vrai fléau les jours ouvrables.

Au milieu de tout ce lacis de véhicules les uns plus pressés que les autres, en supportant les écarts de conduite des chauffeurs rivalisant d’indélicatesses avec les règles de bienséance routière, les rares bus de transports publics qui n’ont plus l’allure des premiers jours ont tant de peine à se frayer un chemin de leur gabarit imposant et leurs moteurs râlants. Surtout que leur utilité a remis au goût du jour une infinie patience qu’on ne connaissait pas des Camerounais. Il suffit de voir le temps qu’ils passent, dociles aux points d’arrêt de ces bus pour s’en convaincre.

Pouvoirs publics attendus

Le dernier mouvement d’humeur du personnel de la Transnational Industries Cameroon  Le Bus est venu rappeler deux choses au souvenir de la communauté nationale. La première, c’est que le sort des transporteurs urbains, qu’ils roulent dans les bus King Long amortis, les R12 sans âge ou sur les Nanfang dernier cri, est essentiellement précaire. La seconde, c’est qu’il n’est pas possible d’envisager les solutions à court et moyen terme du trafic urbain sans l’investissement déterminé, sonnant et trébuchant des pouvoirs publics.

 

 


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