Gouvernance locale : enjeux et défis de l'Arène communale

Gouvernance locale : enjeux et défis de l'Arène communale

Ctd : au cœur d’intérêts multiples

Les couloirs des collectivités locales camerounaises pullulent de personnes dont la présence et la régularité s’expliquent par des intérêts souvent divergents.

hotel ville

Par Kamdem Souop

Qu’il envisage sa fonction comme leader ou comme manager municipal, le maire occupe l’essentiel de ses journées à jouer les équilibristes entre les attentes au demeurant nombreuses et souvent irrésolues des populations à la base et celles d’acteurs du territoire dont la puissance de conviction varie selon qu’ils se recommandent de tel ministre, député ou élite, qu’ils sauront se montrer généreux à la suite d’un «4.9», qu’ils sont de la société civile, conseillers municipaux ou même journalistes.

Dans certains cas, comme à Bandjoun ou Douala 5, par exemple, c’est moins le maire que le milliardaire ou la femme d’affaires que ces visiteurs téméraires veulent rencontrer, l’hôtel de ville, espace public, étant plus accessible que les couloirs feutrés du dernier étage de la holding que gère parallèlement l’élu local. Enfin, à première vue.

Interlocuteurs gourmands?

C’est que la commune ou la communauté urbaine, en véritable arène, concentre toutes sortes de gladiateurs qui veulent tous le gros lot, peu importe s’ils écrasent tous les autres acteurs sur leur passage et ne laissent que des miettes aux populations, qui, théoriquement détiennent le pouvoir qu’elles ont ponctuellement confié à l’exécutif municipal. Tout part du terrain politique. Les élus locaux sont investis par des partis politiques, à qui ils doivent d’avoir été souvent choisis dans des conditions antidémocratiques, et qui font peser sur eux tout au long de leur mandat la «discipline du parti», ouvrant la porte à des choix d’action ou d’inaction dictés par le bureau politique de leur appartenance politique. Puis il y a le terrain économique. En l’absence d’un salaire et d’un statut leur garantissant un minimum d’avantages liés à leur fonction, les maires et avec eux leurs conseillers municipaux en sont à trouver à tout prix des failles dans l’arsenal législatif et réglementaire régissant les collectivités locales pour battre monnaie sur le dos de leur commune via les marchés. Quand des hommes de paille ne peuvent pas gagner des marchés pour eux, il reste les rétro commissions sur ce que les habitués appellent «4.9».

Les services déconcentrés de l’Etat ne sont pas reste, eux qui font du chantage aux élus locaux pour apporter leur éclairage technique aux différents projets communaux, éclairage réputé gratuit puisqu’ils émargent au Trésor public, qui finance, lui aussi, le fonctionnement des collectivités locales.

La société civile est, soit de son fait, soit sur sollicitation des bailleurs de fonds nationaux et internationaux, souvent appelée à effectuer des descentes sur le terrain dans le cadre de formations visant le renforcement des capacités des ressources humaines communales, le suivi-évaluation du budget d’investissement public ou des marchés publics. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il faut «gérer» et prendre en charge ces «intrus» dont la capacité de nuisance est légendaire, même lorsqu’ils adoptent la posture de médiateur des autres acteurs du territoire. Et c’est assez logiquement qu’on note les réticences des organisations de la société civile à évoquer le financement de leurs missions sur le terrain. Même les journalistes y vont de leur grain de sel, en «se laissant convaincre» de passer sous silence des dérives, de publier des articles «Kilav» ou de prendre position contre des adversaires du maire.

Citoyenneté

Ce jeux d’intérêts que doit gérer un acteur politique soucieux de s’installer durablement dans le fauteuil d’édile absence de limitation de mandats oblige serait assez facile à arbitrer, billets de banque aidant, s’il n’existait pas des citoyens désireux de voir leurs avis pris en compte dans la définition des projets visant l’amélioration de leurs conditions de vie. Surtout qu’à travers les impôts, ils en financent la réalisation, en attendant les échéances électorales.

 


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