Journée mondiale de la liberté de la presse : Les journalistes questionnent la décentralisation

Dans le cadre des activités liées à la célébration de la liberté de la presse au Cameroun, dont le thème était « Laissez le journalisme prospérer », le Réseau des Journalistes Camerounais sur la Décentralisation (RJCD) a organisé une réflexion le 4 Mai 2015 à Yaoundé.
LES OFFICIELS PRESENT A LA CEREMONIE DU RJCD

Scruter « le rapport des journalistes à la décentralisation ». c’est l’angle choisi par le Réseau des journalistes Camerounais sur la Décentralisation (RJCD) à l’occasion de la célébration de Journée mondiale de la liberté de la presse au Cameroun en 2015. Bien qu’orienté sur son champ spécifique qui est la décentralisation, le RJCD a sacrifié au rituel des revendications en présence de M. Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication qui a ouvert les travaux. Blaise T. Nana, président du RJCD a émis le vœu de voir les conditions de travail des journalistes améliorées. Notamment les questions relatives à la délivrance de la carte de presse, l’application des accords de Florence à côté des avancées observées depuis l’arrivée en 2009 de l’actuel ministre de la Communication. Il a reconnu la levée de la frontière entre médias privés et à capitaux publics lors de la couverture de certains évènements. En effet, depuis six ans, l’on note un accès des médias privés aux cérémonies relatives à l’agenda du président de la République tant au Palais de l’Unité que lors de la réception des hôtes à l’aéroport de Yaoundé entre autres, souligne le président du RJCD sous l’ovation des hommes de médias.

En réponse aux revendications générales de la presse camerounaise, Issa Tchiroma a annoncé la mise en place dans un délai de deux ou trois mois de la commission de délivrance de la carte de presse. Dans le volet du financement des médias constitués de près de 600 titres en presse écrite, 30 chaînes de télévision et 200 stations de radios, le ministre de la Communication a promis aux journalistes de plaider pour la mise en place d’un compte d’affectation spéciale afin de dépasser le montant de 250 millions FCFA distribués dans le cadre de l’aide publique à la presse privée par l’Etat. Au-delà de ces promesses d’amélioration des conditions de travail des hommes de médias, aucune allusion n’a été faite à la décentralisation par le ministre de la Communication qui a ouvert le cercle de réflexion, avec à ses côtés le ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, le représentant de l’UNESCO et le gouverneur de la région du Centre. Ces officiels ont ensuite été remplacés par des acteurs impliqués dans l’implémentation du processus de décentralisation, des universitaires et des professionnels des médias. Après la leçon inaugurale du professeur Laurent Charles Boyomo Assala, directeur de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (Voir article suivant), Etienne Owono Owono, directeur des Collectivités territoriales décentralisées (DCTD) au ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation a présenté le niveau d’avancement du processus aux journalistes. En attendant la fin du transfert des compétences annoncée pour décembre 2015, M. Owono Owono a invité les hommes de médias à parcourir l’ensemble des 60 textes de lois qui régissent le processus sous ses multiples facettes.

L’info locale n’a pas de miel

Une chose ardue au regard de la spécificité de ce domaine, susurrent certains journalistes. Déjà qu’au sein des différentes salles de rédaction, les journalistes accordent peu d’intérêt aux informations locales. C’est du moins le constat que dresse François Marc Modzom, le rédacteur-en-chef central de langue française au Poste National de la CRTV, la radio à capitaux publics du Cameroun. Pour lui, l’existence de la décentralisation sur les antennes reste un défi. Les grands sujets sont très prisés par les journalistes : l’actualité du président de la République, de l’Assemblée Nationale et souvent des institutions comme le Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention Intercommunale, par exemple.

Les autres sujets d’intérêt humain « sentent les urines », lance-t-il en dérision aux journalistes. Il regrette d’ailleurs que même les journalistes régionaux du média qui l’emploie sont peu portés vers les sujets d’intérêt local. « Il faut pourtant les valoriser », recommande-t-il en invitant les élus locaux à informer les journalistes par des demandes de couverture. Ce qui ne se limite pas là. « Il faut accompagner ces demandes de per diem », explique-t-il de manière ironique devant les journalistes qui couvrent les évènements en fonction de l’épaisseur de l’enveloppe du per diem. À la réponse d’un journaliste lors de la séance de questions-réponses, M. Modzom, par ailleurs enseignant de journalisme, appelle à un changement de comportement des journalistes. À d’autres, il reproche l’inculture. Pour l’essentiel, les journalistes camerounais affectionnent les demandes de couverture. Faisant dire qu’à « la liberté de la presse l’on pourrait parler de liberté de per diem » dans le contexte de l’exercice du métier au Cameroun. Que faire ? S’interroge le journaliste-enseignant. Penser à une spécialisation du journaliste ? Mais qui choisira de se spécialiser dans le creusage des puits? renchérit-il en regrettant la méconnaissance des enjeux de l’information locale pour le développement d’un pays.

En attendant que l’actualité des territoires locaux attire bon nombre de journalistes, le RJCD milite pour la mise en place d’une stratégie nationale de communication sur la décentralisation. Mais, à court terme, Blaise T. Nana a annoncé la création d’un périodique plus élaboré sur la question. Ce projet vient remplacer « Décentralisation Infos » la publication interne du RJCD, dont le 4ème numéro annoncé à l’ouverture des assises n’a pas pu être distribué aux participants à la fin du cercle de réflexion organisé à l’occasion de la journée de la liberté de la presse. A cause des contraintes d’imprimerie, a justifié le président du RJCD.

Pierre Nka

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